les prisons révolutionnaires dans l'Ain

Publié le par Amis des Archives de l'Ain

Les prisons révolutionnaires

 

A la fin de l’Ancien Régime, les prisons sont peut nombreuses dans l’Ain, une seule à Bourg, en état moyen vers les Sainte-Claire, une à Belley toute aussi vétuste et les cachots de l’intendance des Dombes à Trévoux et Thoissey.

Avec les mises en détentions massives de l'automne 1793, le manque de place pousse très rapidement les administrations à transformer les couvents et les églises en lieu de détention. A Bourg, on compte plusieurs prisons : les Claristes, le dépôt de mendicité de Bicêtre et le couvent de Brou mais aussi les Ursulines à Bourg comme à Pont-de-Vaux. Avec l’arrêté du département de l’Ain du 28 Septembre 1793, seules les villes de Bourg, Belley et Ambronay sont habilitées à recevoir des détenus. Dès lors des maisons particulières sont aussi requises à cet effet. Dès lors, les moyens de sorties et de communications ne manquent pas. Malgré un arrêté du représentant du peuple Albitte, en ventôse an II, sur la surveillance des prisons, ces dernières restent difficiles à gérer bien qu’un effort d’hygiénisation et de moralisation ait été fait. Si le mois de pluviôse voit un regain d'attention autour des détenus, les mois de ventôse et de germinal marquent un relâchement ; si les détenus ne sortent plus, ils parviennent toujours à faire passer des lettres grâce à la complicité de certains officiers municipaux. Il faut attendre la réaction thermidorienne pour que l’hermétisme des prisons soit complet et la condition de prisonnier durcie. Durant le Directoire, le manque de moyen de l’administration, le manque de motivation de la gendarmerie et l’insuffisance de sécurité des prisons de Bourg, Trévoux et Châtillon-sur-Chalaronne rend ces dernières inopérantes, “pas plus solides et sures” car les brigands qui y sont incarcérés s’en échappent sans grande difficulté.

Jérôme Croyet

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